Playful design : lessons learned from the Fun Theory

Backed by Volkswagen, the Fun Theory Awards were to reward creative ways of correcting bad habits by making the “right thing” fun to do. The organization created the buzz around the Fun Theory by publishing 3 videos implementing this principle. Here is one showing how to make it fun to use the staircase instead of the escalators : Image de prévisualisation YouTube

The finalists were unveiled last week, and as I have come to form an idea about the fun theory, I figured I could share it and use it to make my own ranking. I identified 4 criteria against which I rate and rank the selected entries. In order to enable a proper understanding of this article I recommend you take a tour of the entries on the Fun Theory website

1. Source of improvement

Would it prevent or correct a bad habit or induce a positive one, a Fun Theory entry should improve our lifestyle. All entries do not tackle problems of the same magnitude : some are life & death matters, others are about keeping a kid’s room tidy…

2. Playful behavior

First it has to be fun. It has to be sticky: if it is playful, people do it over and over again. Entries should induce playful positive behaviors, which is quite different from rewarding a positive behavior with some kind of currency or credits that in turn allow to buy fun. The Fun Theory is about playfulness not about incentives.

3. Metaphor

I believe the best entries introduce some kind of mapping between a non-fun behavior and some other context, thus triggering both surprise and immediate understanding from the users. The metaphor works best when it is more specific. By specific I mean that elements that are typical to both contexts (i.e. that would not be observed in other contexts) can be mapped. Good exemples :

  1. The scratching gesture is specific to both a scratch mat and a turntable (see Scratch Mat entry)
  2. Steps of a staircase are mapped to piano keys, and legs to fingers in the Piano Stairs entry (see the video). Both metaphors are not very specific but the combination is.

Not as good exemples :

  1. In the Battery Pinball entry, batteries are mapped onto Pinball balls. They have in common that they are small, kind of round, and heavy. Not very specific.
  2. In the Bottle Bank Arcade entry, bottles are mapped on projectile, or game chips…

Worst exemples : the use of any kind of currency reveals the failure to map the context in which you acquire the credits to the one in which you spend them. Note : a good metaphor can as a byproduct enable an interesting design property, namely self-discovery. No learning or publicity needed, and the behavior propagates through the example of others.

My fun theory ranking

11 entries to which I added the 3 entries contributed by the organization at the end as a reference.Fun Theory Ranking


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Le commerce de la pédopornographie : résumé de l’étude de Fabrice Epelboin

J’ai pris le temps ce week-end de lire enfin l’étude de Fabrice Epelboin sur l’évolution du commerce de la pédopornographie sur Internet de 2000 à 2010. Plus qu’un résumé fidèle, je reformule ci-dessous les 2 points qui ont particulièrement attiré mon attention.

Le Darwinisme de la prohibition

L’interdiction légale d’une activité lucrative conduit au développement d’un marché noir dont les fournisseurs sont engagés dans une course permanente avec les forces de l’ordre (cf. marché de la drogue). Les premiers ne doivent leur survie qu’aux innovations qui leurs permettent de toujours garder un coup d’avance. La prohibition exerce du point de vue de l’innovation une pression évolutive bien plus importante que celle de la concurrence.

Dans le cas de la pédopornographie les compétences et réseaux déjà en place permettent d’ores et déjà de contourner les systèmes de filtrage, destinés à les prévenir, prévus par la loi LOPPSI. Les réseaux pédopornographiques sont en fait les héritiers d’une autre prohibition : celle de la pornographie en Russie.

Des réseaux à tout faire

L’interdiction de la pornographie en Russie a conduit à l’assemblage de réseaux de compétences : développeurs, administrateurs réseau, faussaires, spécialistes de la falsification de carte de crédit, spammeurs et hackers. Ces réseaux ont mis au point des techniques qui permettent de distribuer, de monétiser et de marketer des contenus illégaux. Ces techniques sont utilisables quel que soit le contenu à distribuer.

A l’heure actuelle le marché des contenus illégaux est relativement restreint bien qu’il se chiffre déjà en millions de dollars. Cependant si la LOPPSI venait par le filtrage à supprimer les offres gratuites de contenus soumis à la propriété intellectuelle (i.e. les contenus piratés) c’est soudain un marché de plusieurs milliards de dollars qui s’ouvrirait à ces réseaux de distribution de contenus illicites. La LOPPSI pourrait donc finalement faire les choux gras des réseaux de cybercriminalité…

Conclusion

La prohibition peut s’avérer dangereuse pour la société qui interdit autant que pour ceux qui en sont la cible. Il ne s’agit pas là de défendre la pédopornographie mais simplement de constater que la vie est une affaire risquée et la loi n’est que rarement un recours adapté. L’éducation est certainement beaucoup plus efficace, mais politiquement ce n’est pas très vendeur. A considérer le déséquilibre entre bénéfices potentiels et atteintes aux libertés que représente la loi LOPPSI, on ne peut que le regretter…

Financement du journalisme : quel(s) modèle(s) économique(s) ? (2/2)

Le journalisme, et plus généralement l’industrie du contenu sur internet, n’a pas encore trouvé de business model. Seconde partie du post (lire la première partie) où j’examine les différentes possibilités de financement observées sur internet ou issues de mon imagination (en rouge les options qui me paraissent particulièrement novatrices) :

Référencement : il s’agit là d’un source de financement hypothétique que j’analyse dans un article sur le possible déréférencement par Google des propriétés de Murdoch. Si les grands moteurs de recherche venaient à payer pour référencer, les grands producteurs de contenus pourraient en tirer des revenus. Cependant un risque important serait de retomber dans un journalisme optimisé pour un algorithme.

Information augmentée : l’information, en elle-même, peut maintenant être considérée comme gratuite. Voire l’information a une valeur marginale négative en ces temps d’infobésité. Elle doit être filtrer, contextualisée et mise en scène pour retrouver de la valeur. C’est bien sûr le travail des producteurs de contenus et journalistes (voir ci-dessus à propos de l’ergonomie). Cependant cette information pourrait être valorisée par d’autre de manière différente si celle-ci était exploitable facilement. On peut ainsi envisager que les journaux fournissent de manière payante une “information augmentée“. La première idée qui me vient pour cette augmentation est le recours aux technologies sémantiques. Il pourrait cependant y avoir d’autres chemins à suivre…

Expertise sectorielle : dans le cas d’un journalisme appliqué à un secteur particulier, le métier de journaliste s’accompagne de la création d’une expertise qu’il est possible de valoriser au travers de formations, d’analyses sectorielles ou d’organisation d’évènements.

Expertise procédurale : les pratiques du journalisme s’hybrident et parallèlement se diffusent au plus grand nombre. Tous apprentis-journalistes. Les journalistes professionnels disposent alors d’une expertise monayable.

Accès à une communauté (B2B/B2C) : la constitution d’une communauté autour d’une marque journalistique possédant une autorité peut permettre le sponsoring. Par exemple ReadWriteWeb a un réseau d’entreprises partenaires. Ces partenaires payent l’accès à une communauté auprès de laquelle ils souhaitent se faire connaitre.

Accès à une communauté (P2P) : journalistes et blogueurs ont des communautés qui interagissent au travers des commentaires, des médias sociaux, et autres… Une fraction de cette communauté est probablement prête à payer un premium pour avoir des interactions plus riches à la fois avec le journaliste et la communauté. De community manager le journaliste se transforme en entremetteur.

Accès au processus créatif : en lien avec mon précédent article sur le journalisme en tant que processus créatif, il y a certainement des personnes qui sont prêtes à payer pour avoir assister à “la réflexion qui se fait”.

La liste n’est pas nécessairement exhaustive. N’hésitez à pointer des oublis. Ou à proposer vos propres idées… Pour plus d’interactivité vous pouvez intervenir directement sur la Wave publique associée à ce post

Financement du journalisme : quel(s) modèle(s) économique(s) ? (1/2)

Le journalisme, et plus généralement l’industrie du contenu sur internet, n’a pas encore trouvé de business model. Dans ce post, publié en deux fois pour rester digeste, j’examine les différentes possibilités de financement observées sur internet ou issues de mon imagination (en rouge les options qui me paraissent particulièrement novatrices):

Publicité : je ne vais pas détailler le constat qui a déjà été fait par beaucoup d’autres : baisse du CPM, explosion de l’inventaire, ad-blindness,… La publicité ne suffit pas et suffira de moins en moins à financer la création de contenus.

Subvention : la presse est déjà largement sponsorisée par l’Etat au titre de la pluralité. Cela pose cependant 2 questions :

  1. Comment décider qui reçoit les aides à l’heure où le journalisme ne se limite plus à la possession d’un carte de presse, à l’heure où les frontières entre la production de différents types de contenus sont plus en plus floues : art/journalisme/activisme/marketing/divertissement ?
  2. Ce type de financement est-il démocratique si la part de l’Etat devient prépondérante ?

Cross-financement avec d’autres services : sur le modèle du portail. La création de contenu est une sorte de produit d’appel qui permet de créer du trafic qui est ensuite monétisé avec d’autres services (annuaires, petites annonces, et…) Ce modèle me semble dépassé : il fait appel à des compétences qui ne sont pas au cœur du métier de la création de contenu. Et il n’assure pas à la création de contenu une autonomie de financement.

Vente d’un support : auparavant la vente du journal papier. Certains imaginent que les applis iPhone payantes peuvent devenir un relai. Je ne le crois pas : on n’achète qu’une seule fois une appli. Et l’élasticité prix des internautes sur ce genre de chose ne permet pas d’appliquer des prix élevés.

Abonnement à une source d’information : il s’agit là du bon vieux paywall binaire : si tu paies tu as accès au contenu, sinon non. Je ne crois pas non plus à ce modèle, et pas seulement parce que cela pose des problèmes pour tout ce qui est référencement et médias sociaux. Les utilisateurs sont désormais dans une logique “show me the value” avant d’être prêts à payer. L’absence de progressivité me semble être un problème.

Abonnement à une expérience : je ne ferai que reprendre ici l’argumentaire de Nicholas Carr à propos de la formule adoptée par le New-York Times. Il sera possible de consulter autant d’articles que voulus à condition d’y accéder au travers des médias sociaux : la consultation d’articles à partir de liens externes au site n’entamera pas le “pack” d’articles autorisés dans la formule gratuite. Ce pack ne sera consommé qu’en cas de navigation interne au site. Nicholas Carr en déduit que l’abonné ne paie pas pour l’accès à la source d’information mais l’abonné paie pour l’accès à l’ergonomie New-York Times.

Crowdfinancing : il faut distinguer ce qui relève du financement “à perte”, c’est-à-dire du don, et ce qui relève de la production financée par l’internaute qui peut ensuite être monétisée par d’autres voies et qui rejoint de ce point de vue ce qui se fait pour la production de musique. Dans les deux cas cela reste au stade expérimental. J’y vois un avenir mais pas à grande échelle : ce type de financement nécessite une base d’utilisateurs active et engagée.

Dans la 2e partie : information augmentée, expertise procédurale, community nurturing

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Nouvelle forme de journalisme != nouveau business model

08/02/2010 Nils Oj 2 commentaires

L’urgence et l’effervescence entourant le “futur du journalisme” conduit assez régulièrement, il me semble, à mélanger les nouvelles formes de journalisme et business model. J’avais envisagé d’aborder ces deux aspects dans deux billets dédiés. Cependant ma valeur ajoutée sur les nouvelles formes de journalisme serait faible au-delà d’un travail de listing, je préfère donc expérimenter ici avec ce que j’ai appelé le journalisme en tant que processus en créant une wave publique destinée à être éditée par tous (c’est mon premier essai de link vers une wave publique, prévenez moi si cela ne fonctionne pas correctement pour vous…) (il ne s’agit pas simplement de paresse mais aussi de manque de temps… et d’humilité : certains suivent certainement de beaucoup plus près que moi ces nouvelles formes)

Voici la liste initiale postée dans la Wave, j’espère que vous pourrez y contribuer avec de nouvelles références :

Ces nouvelles pratiques sont le futur du journalisme d’un point de vue formel, cependant aussi stimulantes qu’elles soient, elles ne constituent pas en elles-mêmes un futur du journalisme du point de vue financier. La question de la monétisation du travail de journalisme reste la même avec ou sans données/sources/liens etc…

Mon prochain billet sera donc consacré aux nouveaux modèles économiques du journalisme, avec l’ambition d’avoir là une valeur ajoutée un peu plus importante.

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Le jour-now-lisme : le journalisme en tant que processus créatif

27/01/2010 Nils Oj un commentaire

Les réflexions exposées ici sont issues d’une discussion qui a eu lieu lors de la conférence de rédaction ouverte tenue par InternetActu à l’occasion du Remix de la Cantine. Le contexte en était : comment impliquer davantage la communauté des lecteurs ?

La culture d’une réflexion packagée

Je fais le constat suivante à propos du journalisme : l’implication de la communauté se fait quasi-exclusivement suite à la publication d’un produit fini qu’est l’article. Une fois l’article publié, il est soumis aux commentaires/discussions.

Il n’y a donc aucune interaction entre le journaliste et la communauté au cours du processus créatif (réflexion, documentation, rédaction), qui, comme c’est le cas pour des articles de fond, peut s’étendre sur de longues périodes. La proposition que j’ai formulée était d’ouvrir ce processus à la communauté. Plus précisément les étapes de réflexion et de documentation car je suis d’accord avec les journalistes d’InternetActu pour dire que la rédaction collaborative peut convenir pour certains formats (par exemple des comptes-rendus d’évènements) mais est laborieuse pour ne pas dire contreproductive dans le cas d’articles.

Les réticences à une telle ouverture me paraissent de trois ordres :

  1. Le dévoilement de l’intime : le processus créatif est ressenti de manière très personnelle et c’est pas toujours joli à voir : comme le faisait remarquer Rémi Sussan c’est beaucoup de fouillis…
  2. La publication est ressentie comme un engagement par rapport à ce qu’on a écrit, alors que le processus de création est jalonné d’essais/erreurs, de ratures, de questions plus ou moins “stupides”, et d’opinions tranchées dont on peut être amené à se distancier.
  3. Le format de publication : de par sa nature “bordélique” le processus créatif ne peut s’étaler sur les mêmes pages que des articles structurés. Se pose la question de où et sous quelle forme le processus de création pourrait s’ouvrir à des contributions extérieures.

Le journalisme en “morceaux”

Les deux premiers blocages étant d’ordre psychologique, j’imagine qu’il n’y a que des essais qui peuvent devenir des habitudes… Je me heurte à ces mêmes blocages : j’avais fait vœux (dans mon premier post) de me servir de ce blog pour écrire sur des sujets “en cours de réflexion” (ce que je n’ai qu’esquissé). Cependant j’observe l’utilisation faite par certains (dont Nicolas Nova) du blog pour publier des “morceaux” (par exemple des photos).

Ces morceaux peuvent prendre la forme d’interrogations, d’opinions, de photos, mais aussi de liens. Et là on s’aperçoit que nombreux sont ceux qui déjà donnent à voir si ce n’est leur réflexion “qui se fait” au moins les lectures qui nourrissent cette réflexion avec la publication de leurs bookmarks. Les morceaux sont des instantanés, rapides à publier et ne font pas l’objet d’une contextualisation poussée. Ils ne sont pas intégrés à une réflexion englobante au moment de leur publication. Ce sont donc des éléments laissés à l’interprétation de la communauté.

Par ailleurs ces morceaux n’ont pas seulement une valeur de “moyen” : leur valeur ne réside pas uniquement dans le fait qu’une fois articulés les uns aux autres ils peuvent conduire à un produit fini. D’une part ils ne finissent pas tous par trouver leur place au sein d’une production. D’autre part ils ont une valeur en tant que tel pour la communauté qui peut s’en nourrir et éventuellement les réutiliser dans ses propres productions. Enfin les journalistes ne sont pas les seuls à pouvoir contribuer des morceaux : leur communauté peut devenir une force d’enrichissement de leur pratique, non pas seulement en réaction à un produit fini mais au sein même de leur processus créatif.

Du point de vue de la structure d’accueil de tels morceaux les Tumblr ou Twitter semblent une alternative au blog classique par leur format et leurs usages plus orientés vers des publications courtes, destructurées. Le wiki ou Google Wave permettent eux la collaboration et ils ont l’avantage de centraliser l’échange et de ne pas être linéaires et rigides à la manière de forums. Wave offre de plus cette formidable possibilité qu’est le replay permettant à chacun de faire une session de rattrapage et de pouvoir reconstituer la chronologie des apports de chacun.

Conclusion

Le journalisme se caractérise aujourd’hui par son produit fini alors qu’il est bien plus que cela : il est un processus créatif. Ce processus a commencé son dévoilement au travers de la personnification du journalisme qui amène certains à alimenter régulièrement des communautés constituées autour de leur signature. La contribution collaborative autour de morceaux permet de raccourcir la boucle de publication/retour qui lie le journaliste à sa communauté. Le journalisme se conjugue au présent (pour éviter de parler de journalisme en temps réel).

A noter qu’une telle ouverture du processus créatif à la communauté implique une forme d’humilité vis-à-vis de sa communauté et de confiance en son intelligence (à elle).

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InternetActu au Remix La Cantine

Je serai cet après-midi à la conférence de rédaction qu’InternetActu ouvre aux lecteurs à l’occasion du Remix de La Cantine. Je pars avec 2 sujets à soumettre à la discussion :

L’espace public sur internet

A la suite de l’échange que j’ai eu avec Hubert Guillaud en commentaire de mon dernier post, je reviens avec de nouveaux angles d’approche sur la question :

  • Genèse de l’espace public IRL : comment l’espace public s’est-il constitué dans le monde réel ? Est-ce une donnée originelle ? Une conquête sur l’espace privé ? La rue est, je pense, la conséquence d’un urbanisme publique. Les images de bidonvilles laissent à penser qu’en l’absence d’une autorité publique, la moindre parcelle est sujette à appropriation. L’image de résidences privées où vivent des riches protégés par des milices privées suggère que que l’urbanisme n’est pas une condition suffisante à l’existence d’un espace public
  • Neutralité du net / Neutralité de la rue : l’espace public IRL est caractérisé par une absence de filtrage. Y a-t-il là une comparaison à pousser entre la rue et l’accès internet ?

Gouvernance des organisations informelles

L’ère internet est censée avoir ouvert l’age de la collaboration horizontale, de la déstructuration de l’entreprise, etc… Force est de constater cependant que toute initiative lorsqu’elle grossit tend à se structurer de manière pyramidale comme de bonnes vieilles organisations multi-séculaires. Et le fait qu’elle se repose sur une forme de crowd-sourcing n’y change rien.

L’exemple des trolls s’organisation autour du projet Chanology (entreprise de déstabilisation de l’Eglise de Scientologie) où des initiatives personnelles se réclamant d’une même initiative globale propose une forme d’organisation plus proche de celle employée par des cellules terroristes.

D’un extrême à l’autre, qu’est-ce qui constitue l’identité d’une organisation ? Comment s’organise la gouvernance : degré de centralisation, utilisation de l’identité de l’organisation, définition de son objet, prise de décision et représentation au sein des organes…

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L’espace public à l’heure du numérique

07/01/2010 Nils Oj 3 commentaires

Thèse :

Les mondes numériques tendent à privatiser l’espace public

J’entends ici espace public au sens urbanistique, c’est-à-dire l’ensemble des espaces de passage et de rassemblement à l’usage de tous, soumis à la liberté de circulation, de parole, de manifestation, de commerce… (voir Wikipedia) L’espace public est donc un espace au sein duquel chacun dispose d’un pouvoir sur tous les autres : celui d’imposer sa présence. Certaines lois sont d’ailleurs faites pour limiter la mesure dans laquelle il est possible d’utiliser ce pouvoir sur les autres : lois contre le tapage, contre le harcèlement,…

Dans l’espace public, chacun peut donc s’imposer à l’autre, pour le meilleur : un individu qui vous rattrape pour vous rendre votre écharpe que vous avez laissée tombée, ou pour le “pire” : pensez aux nuisances dans les transports publics : clochard puant, bébé criant, regards insistants… Dans tous les cas l’individu n’a d’autre choix que d’accepter l’interaction qui lui est imposée, quitte à fuir.

Au sein des espaces numériques, il n’existe pas d’espace public. En effet il est toujours possible de refuser l’interaction proposée par un inconnu, la solution radicale étant la déconnexion. Et contrairement à la fuite, dans le cas d’une déconnexion on ne peut être poursuivi… Dès lors les espaces numériques sont plutôt un ensemble d’espaces privés qui se superposent de manière choisie pour interagir.

L’exemple donné par le New York Times (/via InternetActu) de la fille du président de Walt Disney qui communique en voiture avec ses amies par messagerie instantanée pour que son père ne puisse pas les entendre montre de quelle manière à un espace commun (à défaut d’être public) se substituent plusieurs espaces privés par l’utilisation des moyens de communication numérique.

Conséquences de la privatisation de l’espace public

Une première conséquence qui découle directement de l’exemple précédent est le risque d’exclusion qui n’est que la contrepartie d’une liberté de choix. C’est par la loi qu’on impose en France une certaine mixité sociale : la liberté de choix conduit naturellement à des phénomènes de ségrégation. Ce phénomène d’homophilie s’observe aussi sur internet comme le remarque Danah Boyd. Que se passe-t-il lorsque certains se voient exclus de processus qui prenait auparavant place dans l’espace public ?

Ensuite comment ne pas rapprocher l’exemple du dirigeant de Walt Disney  de la complainte à propos de ces “jeunes s’enfermant dans leur bulle” tant entendue avec l’arrivée des walkman fin 80 - début 90. Le walkman, les jeux vidéos, ou les mondes numériques sont, au même titre que la lecture d’ailleurs mais peut-être plus puissamment, une manière de se soustraire à la présence des autres au sein d’un espace public. Serait-ce seulement la perte de ce pouvoir qui aigrit les plus anciens ? Ou peut-être la négation d’une certaine forme de socialisation, forme de socialisation que Claude Lefort voit comme essentielle à la démocratie.

Un autre problème est qu’aussi désagréables que puissent parfois être les espaces publics (les anciens aussi s’en plaignent) ils sont à la fois le résultat et le lieu où se sont conduits les combats pour les libertés. Or une liberté qui n’est pas exercée est une liberté qui meurt.

Alors l’espace public est-il en danger ?

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Murdoch vs Google : les conséquences pour le financement des contenus

08/12/2009 Nils Oj 2 commentaires

Quelques réflexions sur l’éventuelle désindexation des contenus du groupe Murdoch chez Google. Soyons clair : l’indexation est indépendante du problème de paywall.

Hypothèse 1 : Bing accepte de payer pour indexer

Conséquences :

  1. Les gros producteurs de contenus suivent Murdoch
  2. Peut-être pas immédiatement mais à terme Google est obligé de suivre
  3. Des intermédiaires de type régie propose aux plus petits producteurs de se regrouper pour pouvoir ensemble négocier au meilleur prix leur indexation
  4. Les producteurs de contenus ayant une audience plus rémunératrice sont les mieux servis
  5. Des stratégies de négociation de l’exclusivité de l’indexation conduisent à découper la sphère internet
  6. Les algorithmes de répartition des revenus au sein d’un groupe de producteurs de contenus deviennent un enjeu de première importance
  7. Les producteurs de contenus orientent leurs stratégies éditoriales en fonction de ces algorithmes, donc nécessairement en fonction d’un potentiel commercial.
  8. Les journaux ont trouvé une nouvelle source de revenus qui leur évite pendant un temps de se poser la question du modèle économique. Cependant le potentiel commercial de l’information de qualité reste faible. Elle n’est donc pas remise au centre de la stratégie.

Hypothèse 2 : Bing n’accepte pas de payer pour indexer

Conséquences :

  1. L’état de santé des journaux continue d’empirer
  2. Les producteurs de contenus qui avaient emboité le pas de Murdoch font machine arrière.
  3. Le modèle économique principal reste la publicité mais de nouveaux modèles sont testés : fondations, associations à but non lucratif, contributions volontaires et bien d’autres encore…
  4. En France l’état propose de nationaliser les journaux ou de leur fournir une subvention dans le cas où ils appartiennent à un pote
  5. Les producteurs de contenus investissent dans la qualité et s’intéressent aux autres moyens de diffusion que les moteurs de recherche.

Conclusion

Un reversement des produits de Google aux producteurs de contenus serait marqué d’une certaine “justice”. Mais l’afflux d’argent que cela entrainerait éviterait à la filière de se réinventer. Avec comme conséquence que les stratégies éditoriales continuent d’être inféodées à des algorithmes commerciaux.

Paradoxalement payer les producteurs de contenus pourrait s’avérer couteux pour Bing et Google (surtout en cas d’enchères sur des exclusivités) mais cela peut aussi être pour eux une opportunité de conserver aux moteurs de recherche leur rôle central dans l’internet en devenant l’unique mamelle nourricière du tout un pan du web.

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Quelques réflexions sur le problème de l’adoption d’une application

Notre cerveau est un sac-à-dos :

  1. Taille limitée : un internaute est actif sur un nombre limité d’applications
  2. Organisation hiérarchique : les outils les plus fréquemment utilisés sont les plus accessibles, i.e. ils sont rangés sur le dessus du sac. De la même manière les routines cognitives les plus fréquemment utilisées sont les moins coûteuses à déclencher.

L’utilisation d’une application a un coût qu’on peut décomposer ainsi :

  1. Une application a un coût d’utilisation propre : il est plus fatigant de manier une hache qu’un couteau, et certaines applications sont plus complexes / lourdes à utiliser que d’autres.
  2. Une application a un coût d’accès / de déclenchement qui est lié à sa fréquence d’utilisation : plus une routine est utilisée fréquemment, moins il est couteux d’y recourir.
  3. L’ensemble de l’inventaire a un coût d’emport : il s’agit de la charge cognitive de cohabitation de l’ensemble des routines

La valeur ajoutée totale d’une application :

  • Est liée au nombre de tâches différentes qu’elle permet d’accomplir
  • Est liée à la fréquence de chacun des types de tâches
  • S’évalue de manière différentielle par rapport à une application de substitution : une hache est supérieur à un couteau pour couper un arbre mais pas pour couper du pain.

Une application doit avoir un positionnement d’usage quant à la manière dont elle produit une valeur ajoutée :

  1. Usage fréquent et de faible valeur ajoutée
  2. Usage rare et de valeur ajoutée importante
  3. La fréquence elle-même peut être décomposée entre
    1. Usage unique (correspond à une unique tâche)
    2. Usages multiples (type couteau suisse multi-tâches)

Quelques remarques sur le positionnement :

  1. Une augmentation de la fréquence d’utilisation d’une application augmente sa valeur ajoutée mais aussi diminue son coût d’utilisation
  2. La multiplication des usages d’un même application se fait en général au prix d’une augmentation de son d’utilisation propre (du fait de sa plus grande complexité)

L’adoption d’une application doit répondre aux points suivants :

  1. Avoir une cible identifiée : c’est-à-dire un groupe d’utilisateurs potentiels ayant des besoins relativement homogènes.
  2. Apporter à cette cible un valeur ajoutée
  3. Que cette valeur ajoutée soit suffisante par rapport aux coûts liés à cette application
  4. Dans le cas où les besoins de la cible sont déjà couvert par une application concurrente, que la valeur ajoutée proposée soit suffisamment importante pour “couvrir” les coûts de migration

Conclusion

Tous les services internet sont en concurrence sur au moins un point : la taille de l’inventaire cognitif de l’utilisateur.

Beaucoup d’efforts sont mis me semble-t-il dans la réduction des coûts d’utilisation propre à l’application en soignant son ergonomie, en offrant des toolbar, des bookmarklet, etc… C’est bien sûr essentiel mais pour de nombreux services je constate que les créateurs de services web arrivent généralement à proposer une valeur ajoutée positive mais en revanchent se trompent en surestimant la fréquence d’usage et/ou le montant de la valeur ajoutée totale qu’apporte par leur application.

Les limites cognitives de l’utilisateur (même dans le cas d’un technophile) sont, me semble-t-il, trop peu prise e compte

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